Header image

Rubrique :  


CONSEILS ÉLÉMENTAIRES AUX CRÉATEURS d'ARMOIRIES

  1. S'assurer que les armoiries projetées ne sont pas déjà portées par des particuliers, des associations ou des collectivités. Une telle précaution est indispensable. Les héraldistes du Conseil Français d'Héraldique ou privés, les érudits locaux et les archivistes seront des conseillers précieux qui, à l'aide d'ouvrage comme le "Renesse" (qui classe les armoiries européennes par figures) ou l'Armorial du XX ème siècle et du IIIème Millénaire (publié par le Conseil Français d'Héraldique), permettront d'éliminer le risque toujours possible d'usurpation avec tous les désagréments susceptibles d'en résulter, les armoiries étant protégées par la loi au même titre que le patronyme.

  2. RESPECTER LA RÈGLE FONDAMENTALE D'ALTERNANCE qui veut, pour d'évidentes raisons d'esthétique et de lisibilité, qu'on ne mette jamais métal sur métal, ni couleur sur couleur.
    Rappelons qu'en héraldique les métaux sont or (jaune) et argent (blanc), alors que gueules (rouge), azur (bleu), sable (noir), sinople (vert), pourpre (gris violacé) et carnation (couleur rose chair utilisée pour représenter les parties découvertes du corps humain) représentent les couleurs les plus fréquemment rencontrées.
    Exemple : Ne jamais juxtaposer or et argent (deux métaux), ni azur et sinople (deux couleurs). Préférer les combinaisons argent-azur et argent-sinople qui font alterner avec bonheur métal et couleur. Le drapeau français (bleu, blanc, rouge) respecte cette règle d'alternance qui constitue le B.A.BA de tout héraldiste.
    N.B : Les fourrures (hermine, vair et leurs variantes) peuvent être utilisées en association aussi bien avec les métaux qu'avec les couleurs. On peut même les marier entre elles dans des créations très séduisantes.

  3. Éviter toute surabondance de meubles (motifs) à l'intérieur de l'écu.
    De nombreux créateurs d'armoiries ont la fâcheuse tendance à vouloir inclure un maximum de motifs dans leurs compositions. Ils oublient que les écus les plus simples sont non seulement les plus faciles à mémoriser et à reproduire, mais aussi les plus beaux. En outre, lors de l'inévitable réduction du dessin initial par un graveur ou un imprimeur (pour du papier à en-tête ou une chevalière, par exemple), les motifs très nombreux peuvent devenir illisibles car trop petits.
    Des armoiries ne sauraient être, à elles seules, le résumé exhaustif de toute une une vie humaine ou de l'histoire d'une commune. Les créateurs doivent, par conséquent, privilégier la synthèse, l'abstraction et surtout la sobriété qui n'exclut pas, bien au contraire, la créativité novatrice.
    Et, pour illustrer un cas fréquent de surcharge inutile, comment ne pas regretter dans les nouveaux écus contemporains la trop grande utilisation de motifs évocateurs de l'origine géographique ! Si tous les Francs-Comtois exigent un lion rampant d'or, les Normands un léopard, les Bretons, des mouchetures d'hermine dans leurs armoiries, l'art héraldique souffrira bientôt d'une triste uniformité. Sauf cas très spécifiques, il apparaît hautement souhaitable de réserver ces éléments décoratifs si connus aux familles nobles qui les ont portés, aux communes qui les possèdent de toute ancienneté et aux collectivités territoriales régionales qu'ils symbolisent bien légitimement.
    N.B. : Comment par ailleurs, envisager que les communes puissent reprendre sans les modifier les écus de leurs anciens seigneurs, sous le simple prétexte de l'homonymie ? Cette confusion entre armoiries familiales et communales est contraire aux usages héraldiques et au droit civil français. Si toutefois un conseil municipal désire honorer telle ou telle famille, rien ne l'empêche de reproduire tout ou partie de ses anciennes armes en les brisant, c'est-à-dire en y apportant de légères variantes, telles q'un changement de couleurs, du nombre de pièces, de leur disposition, etc. Le but évocateur est alors atteint, sans risque d'usurpation.

  4. Dessiner des meubles de la plus grande taille possible, afin qu'ils occupent au mieux la surface de l'écu. Des meubles trop petits semblent "perdus" dans le champ (couleur du fond) et il en résulte d'inesthétiques déséquilibres de proportions et de couleurs. Faire en sorte que les contours des meubles touchent presque les bords de l'écu.

  5. Ne pas reproduire de nom (commune, département, famille, etc.) dans la composition de l'écu.
    Le dessin doit se suffire à lui-même et permettre, à coup sûr, l'identification de son propriétaire. Pour désigner une commune par exemple, il faut choisir : ou son nom ou ses armoiries, ces dernières étant la transposition visuelle et symbolique de son identité. L'inscription d'un nom à l'intérieur de l'écu constitue un logotype hybride et maladroit. Imagine-t-on le drapeau français porteur du nom de notre Nation ou les trois fleurs de lis d'or en champ d'azur ornées du nom des rois de France ? Rien n'empêche par contre de juxtaposer armoiries et nom, si les deux éléments sont nettement distincts (par exemple sur les documents officiels d'une mairie).

  6. La devise se place dans un listel déployé en-dessous de l'écu.

  7. La couronne murale qui se place au-dessus de l'écu n'est pas indispensable dans les armoiries communales.. Elle est généralement réservée aux villes jadis défendues par des remparts ou à celles qui possédaient un corps de bourgeoisie.

  8. Choisir des couleurs franches et jamais en demi-teintes.

    Il n'existe pas de bleu ou de rouge "héraldique". Les nuances picturales sont laissées à la libre interprétation de l'artiste, sous réserve de respecter les couleurs spécifiées dans le blasonnement (description de l'écu en langage héraldique). L'artiste aura soin toutefois de préférer des teintes très lumineuses et tranchées. C'est l'une des raisons pour lesquelles les peintres héraldistes préfèrent souvent le blanc et le jaune à la peinture réelle de l'argent et de l'or.

  9. PRÉVOIR des représentations en "noir et blanc" de l'écu grace au système conventionnel international de hachures et de pointillés.
    Pour la gravure et l 'imprimerie, les couleurs et métaux peuvent être reproduits ainsi :

    • Argent : Blanc
    • Or : Semis de points
    • Gueules : parallèles verticales
    • Azur : parallèles horizontales
    • Sinople : parallèles diagonales de gauche à droite du dessin
    • Pourpre : parallèles diagonales de droite à gauche du dessin
    • Sable : parallèles horizontales et verticales s'entrecoupant en damier serré

      N.B : Sable peut aussi être représenté par la couleur noire uniforme.

  10. NE PAS HÉSITER à recourir aux services d'un héraldiste compétent.
    pour toute réalisation d'armoiries nouvelles, car si l'héraldique est un art, elle est aussi un langage et un science avec une syntaxe et des règles bien codifiées. Quelques communes ont adopté depuis quelques années des dessins qui ne peuvent, hélas, porter le nom d'armoiries tant les règles les plus élémentaires ont été transgressées ! Puisse ce texte éviter à l'avenir quelques maladresses pour que notre pays reste digne de sa grande tradition héraldique et symbolique.

Pour tous renseignements, s'adresser au président du C.F.H.

  • Jean-Jacques LARTIGUE>
  • lartigue-cfh@wanadoo.fr>

© Conseil Français d'héraldique - 2011 - SiteMap